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5 mars 2007 1 05 /03 /mars /2007 23:34


















Gorowitz et Dimitri Radzanoz se rencontrent au conservatoire de Kiev, ou ils s’affrontent en duel au piano. Mais la révolution d’octobre 1917 met fin à cette belle jeunesse dorée. L’un émigre aux Etats-Unis et devient le grand Horowitz, enchaînant les représentations et déplaçant les foules lors de chacun de ses concerts ; le second atterrit en banlieue parisienne, ouvrier aux usines Pathé Marconi le jour, pianiste virtuose méconnu la nuit, choisissant de vivre dans le silence, le silence qui est au cœur de la musique.

 
C’est son fils Ambroise qui raconte avec ses yeux d’enfant puis de jeune adulte : le Paris des émigrés russes des années 40, les hostilités de la guerre, la débâcle de 1940, l’Occupation, la rafle du Vel’ D’Hiv, les restrictions, l’armée des ombres, la collaboration, la Libération, puis l’après guerre. Mais l'histoire n'est là qu'en toile de fond, car tout tourne autour de la figure du père et de sa passion pour la musique et ses joutes de jeunesse avec son compatriote : car les duels avec le grand Horowitz vont reprendre en secret, pour son plus grand plaisir d’enfant.

 
Horowitz et mon père est un petit roman qui se déguste doucement pour en apprécier la prose, le regard juste du narrateur et toute la tendresse qui s’en dégage. Il retrace deux vies parallèles séparées par l’Océan Atlantique, deux choix de vie : l’une faite de discrétion, d’effacement, de fougue contenue, de sérénité, l’autre de gloire, de succès mais également de tous ses corollaires : une vie toute entière vouée au public au mépris de sa vie privée et de sa santé.

 
Deux vies parallèles que tout sépare, tout, sauf la musique et les yeux d’un enfant à jamais lié à ces deux destinées.

 

Eclat de lecture :

Tandis que le géant Horowitz bataillait sur scène, en pleine lumière, son obscur compatriote rendait coup pour coup dans un pavillon de banlieues aux volets clos. De part et d’autre de l’Atlantique, les deux hommes, reliés par un fil invisible, rivalisaient de brio, frappant les blanches, cognant les noires jusqu’au K.O. Horowitz, groggy, saluait un parterre en liesse. Du fond de sa bicoque en meulière, son fantomatique challenger, tout aussi chancelant, savourait sa victoire.


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commentaires

A
Eh bien moi aussi j'ai lu ce livre...Voir surhttp://www.adamantane.org/article-6248278.htmlles réflexions qui s'en suivent.AA
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S
Je viens de lire ton billet ...Bien plus complet que le mien ! Je reviens faire un petit tour par chez toi...
L
J'avais entendu parler de ce livre, il m'avait tenté, puis je l'avais oublié... Ton billet me donne très envie de le découvrir..<br /> Merci Sandra !
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