Mardi 23 octobre 2007
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Voili voilou... Le prix a été décerné...
Sans moi, sniff !!!


La lauréate du Prix des Lecteurs du Livre de Poche 2007 est Blandine Le Callet pour son roman "Une pièce montée".

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Ce n'était pas mon choix qui allait à un petit café nostalgique mais c'est un bon choix...Le seul, tiens d'ailleurs, que j'avais lu en amont de la sélection ...
Premier roman, déjà récompensée par ailleurs....
Gaëlle
Thom ou Clarabel (entre autres) en parlent ici mieux que moi.




Je suis par ailleurs tout particulièrement heureuse du Choix des libraires qui récompense  " Loin de Chandigarth " de Tarun J Tejpal.


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J'avais longuement hésité avant de rendre ma copie mais lui avais finalement préféré Philippe Claudel (format plus petit susceptible grâce à ce Prix de toucher un plus large public ) me disant (à juste titre donc -sixième sens d'une ex-libraire ! -) que Tarun J Tejpal serait forcément défendu par les professionnels...


Petit bilan tout perso de cette expérience de jurée de près d'un an  :

* 22 livres à lire quand même

(euh, je peux vous l'avouer maintenant, je ne les ai pas tous lu en entier, certains ne sont décidémment pas ma tasse de thé)

Des petits chouchous donc  :

"Le Café de l'Excelsior" de Philippe Claudel,
- "Maîtresse" de Valérie Martin,
- "Le Siècle des chimères T1 : Les Ogres du Gange" de Philippe Cavalier. (pas lu personnellement mais lu et aimé par mon Papa qui se remet à lire à quelques mois de la retraire, quel plaisir !)
- "Horowitz et mon père" d'Alexis Salatko,
- "Le ciel t'aidera" de Sylvie Testud.
- "Loin de Chandigarh" de Tarun Tejpal.
- "Une pièce montée" de Blandine Le Callet,
- "Panique" de Jeff Abbott,
- "LABYRINTHE" de Kate MOSSE


* Un excellent suivi personnalisé du Livre de Poche

(22 livres gratuits et des cadeaux,  dont un Pochothèque à recevoir que nous devions choisir dans la liste qui suit ***)

* Un petit bémol toutefois : un manque de contact et de communication avec les autres jurés, ce que j'aurais pu palier ce soir si j'avais pu me libérer pour me rendre à la soirée qui se déroulait ici, d'autant plus (quelle rage !) que ces prix étaient remis par une passeuse d'émotion qui me réveille tout les matins  : Patricia Martin (sniff).

Un petit bémol donc, car franchement z'auriez osé faire ça vous ? : Solliciter l'avis de 250 jurés éparpillés dans toute la France et pays francophones et organiser la remise du Prix à Paris (eux ...soit ! c'est inévitable) mais un ...MARDI soir à 19h00 !!!!  Non mais franchement....


Belles découvertes toutefois...Une expérience que je conseille, donc.



Bon bah... pour rencontrer Patricia Martin, il ne me reste plus qu'à postuler une nouvelle fois au Prix du Livre Inter...Délibération un dimanche ( ah ! que ça doit être bien...) et remise du prix le lundi à la Maison Ronde...






*** Liste des Pochothèques à choisir

CONTES ET HISTOIRES        ANDERSEN-HANS CHRISTIAN

ROMANS DE COLETTE            COLETTE

MEMOIRES D OUTRE-TOMBE T01      DE CHATEAUBRIAND-F.R

FABLES DE LA FONTAINE      DE LA FONTAINE-J

MAXIMES  MEMOIRES           DE LA ROCHEFOUCAULD-E

CONTES CRUELS ET FANTASTIQUES          DE MAUPASSANT-GUY

COMEDIES CHOISIES            GOLDONI

DRAMES CONTEMPORAINS    IBSEN-HENRIK

ROMANS ET NOUVELLES       KAWABATA-Y

ATLAS DU CINEMA     LABARRERE-A

LES PHILOSOPHES DE L'ANTIQUITE AU XXE SIECLE        MERLEAU-PONTY-M

LES ESSAIS (NOUVELLE EDITION SOUS COFFRET)            MONTAIGNE

JOURNAL 1932-1939  NIN-ANAIS

ROMANS ET RECITS   PEREC-GEORGES

OEUVRES COMPLETES / ARTHUR RIMBAUD RIMBAUD-ARTHUR

ANTHOLOGIE DES MEMOIRES DE SAINT-SIMON   SAINT-SIMON

LA LEGENDE DU GRAAL          STANESCO-M

ROMANS ET NOUVELLES       WOOLF-VIRGINIA

LE GRAND LIVRE DE LA SANTE          XXX

ENCYCLOPEDIE DE LA FRANC-MACONNERIE            XXX

ENCYCLOPEDIE DE LA LITTERATURE            XXX

DICTIONNAIRE HISTORIQUE DE LA MAGIE           XXX


Eh eh... petit quizz : Quel est celui que j'ai finalement choisi ?

Et vous qu'auriez vous choisi ?

Par Sandra B - Publié dans : Prix des Lecteurs du Livre de Poche 2007
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Vendredi 11 mai 2007

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L’Inde du Nord à la fin des années 1990. Le narrateur, journaliste aspirant écrivain, et sa femme, Fizz, partagent, depuis quinze ans, une intense passion, très sensuelle, très charnelle. Jusqu’au jour où, restaurant leur maison accrochée aux contreforts de l’Himalaya, le narrateur découvre soixante-quatre épais carnets, le journal intime et impudique d’une Américaine, Catherine – ancienne propriétaire des lieux –, dont la lecture va peu à peu détruire son couple…

Roman magistral, « Loin de Chandigarh » dont le titre original est «  The alchemy of desire » nous ouvre les portes du désir, de son alchimie mystérieuse qui le fait naître, vivre et mourir à notre insu.

Roman magistral, tant par le fond qui tout au long de près de 700 pages nous aimante à l’instar du narrateur qui ne peut se soustraire à  la lecture des vieux carnets intimes  qu’il a découvert, que par la forme servie par une écriture (et une traduction) superbe toute empreinte de sensualité.

 

Qu’il évoque les corps…

 

Parfois, l’intensité était telle que nous tremblions avant même de nous frôler. Nous étions comme des démineurs, nerveux à la perspective de ce qui risquait d’advenir au premier effleurement. J’étais dur, tendu, impérieux, et différais l’instant du contact. Fizz était empourprée, ses lèvres frémissaient. Dès que nous nous touchions, c’était l’explosion ; nous devenions à la fois bruts et sublimes, bêtes et anges, chair et lumière. Fizz et moi.

Parfois, le plaisir était si insoutenable que j’éprouvais l’envie de croquer un morceau de sa chair et de le mastiquer. D’autres fois, j’aspirais seulement à pousser un gémissement qui emplirait le paradis.

 

 

Intuitivement, Catherine savait que le désir était un lichen poussant dans l’humidité et l’obscurité. Le mettre en pleine lumière risquait de le tuer.

 

 

La nature…

 

C’était une journée magique. Un instant, ils étaient sous la caresse d’une pluie légère comme de la gaze, qui déposait une fine pellicule sur leurs cheveux, leur peau et leurs vêtement ; l’instant suivant, le ciel se dégageait et le monde était haut et bleu. La brume, cependant, était toujours présente, en mouvement continuel, modifiant la vue d’une seconde à l’autre. Parfois, si dense et si tangible que l’on aurait presque pu en casser un morceau. (…) Au dessus de la cuvette de la vallée, un aigle traçait des cercles tranchants. (…)

Alors qu’ils contemplaient le paysage, un arc en ciel compact prit racine au centre exacte de la vallée de Jeolikote et commença à se déployer. Sans se fragmenter, il s’étira au dessus de leurs têtes en quelques minutes et planta ses dents quelque part à l’intérieur de la vallée  de Bhumiadhar. Ils demeurèrent longtemps silencieux sous l’arche vibrante aussi solide que la brume.

 

 

La lune gonflée comme une femme à son sixième mois de grossesse.

 

 

Le mystère de la création littéraire …

 

Je déplaçais le récit tel un filet d’eau sur le sol carrelé d’une salle de bain. Une inclinaison invisible déviait sa course, comme celle d’un escargot. Je décrivais chaque tour du nouage de turban, chaque tasse d’eau fraîche, chaque crin de la queue d’un cheval, chaque affûtage de l’épée. Allant contre ma nature, je devins minimaliste. Je ratissais les pensées de mon jeune héros, les aérais avec la patience oisive d’une grand-mère vidant de vieilles malles

 

Ou les contrastes fascinants de L’inde…

 

 

Dés l’instant où elle avait posé le pied à Bombay – avec l’impression d’être une vierge rejetée -, une explosion de couleur, de sonorité, d’images, l’avait transportée. Tous ses sens furent assaillis d’un coup. Et le grand paradoxe indien : la coexistence d’une extrême agitation et d’une extrême torpeur la frappa au premier regard.

 

 

Tarun J Tejpal enveloppe sa prose d’une gangue de désir, dont on a du mal à s’arracher, la dernière page refermée.

 

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Par Sandra B - Publié dans : Prix des Lecteurs du Livre de Poche 2007
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Mercredi 7 mars 2007
















Et bien voilà ! Comme quoi il faut toujours se méfier des quatrièmes de couverture...Je m'étais gardé ce roman pour la fin, très alléchée par le thème (spiritualité contre argent-roi) mais je suis franchement très déçue. L'histoire est plate et l'écriture manque franchement de profondeur. Ce roman a obtenu le "Grand Prix du roman de l'Académie française 2005". Comprends pas...Ou bien je suis passée à côté de l'essentiel.

Si vous, vous avez aimé, n'hésitez pas à me laisser un petit commentaire...
Par Sandra B - Publié dans : Prix des Lecteurs du Livre de Poche 2007
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Lundi 5 mars 2007


















Gorowitz et Dimitri Radzanoz se rencontrent au conservatoire de Kiev, ou ils s’affrontent en duel au piano. Mais la révolution d’octobre 1917 met fin à cette belle jeunesse dorée. L’un émigre aux Etats-Unis et devient le grand Horowitz, enchaînant les représentations et déplaçant les foules lors de chacun de ses concerts ; le second atterrit en banlieue parisienne, ouvrier aux usines Pathé Marconi le jour, pianiste virtuose méconnu la nuit, choisissant de vivre dans le silence, le silence qui est au cœur de la musique.

 
C’est son fils Ambroise qui raconte avec ses yeux d’enfant puis de jeune adulte : le Paris des émigrés russes des années 40, les hostilités de la guerre, la débâcle de 1940, l’Occupation, la rafle du Vel’ D’Hiv, les restrictions, l’armée des ombres, la collaboration, la Libération, puis l’après guerre. Mais l'histoire n'est là qu'en toile de fond, car tout tourne autour de la figure du père et de sa passion pour la musique et ses joutes de jeunesse avec son compatriote : car les duels avec le grand Horowitz vont reprendre en secret, pour son plus grand plaisir d’enfant.

 
Horowitz et mon père est un petit roman qui se déguste doucement pour en apprécier la prose, le regard juste du narrateur et toute la tendresse qui s’en dégage. Il retrace deux vies parallèles séparées par l’Océan Atlantique, deux choix de vie : l’une faite de discrétion, d’effacement, de fougue contenue, de sérénité, l’autre de gloire, de succès mais également de tous ses corollaires : une vie toute entière vouée au public au mépris de sa vie privée et de sa santé.

 
Deux vies parallèles que tout sépare, tout, sauf la musique et les yeux d’un enfant à jamais lié à ces deux destinées.

 

Eclat de lecture :

Tandis que le géant Horowitz bataillait sur scène, en pleine lumière, son obscur compatriote rendait coup pour coup dans un pavillon de banlieues aux volets clos. De part et d’autre de l’Atlantique, les deux hommes, reliés par un fil invisible, rivalisaient de brio, frappant les blanches, cognant les noires jusqu’au K.O. Horowitz, groggy, saluait un parterre en liesse. Du fond de sa bicoque en meulière, son fantomatique challenger, tout aussi chancelant, savourait sa victoire.


Par Sandra B - Publié dans : Prix des Lecteurs du Livre de Poche 2007
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Samedi 3 mars 2007














De Sylvie Testud, je ne connaissais que son interprétation de la jeune française expatriée dans une entreprise au  Pays du Soleil levant, interprétation si remarquable qu’elle m’avait illico presto poussé à découvrir le roman dont le film est tiré : Stupeur et tremblements, d’Amélie Nothomb (Roman remarquable itou, bien que je ne sois pas vraiment fan par ailleurs du reste de l’œuvre de l’auteur).

 
Tout ça pour dire qu’en découvrant son roman « Le Ciel t’aidera » dans ma boîte aux lettres il y a quelques jours, j’étais plutôt assez contente de ce petit cadeau de lecture, bien qu’une petite voix (mal intentionnée ?) au fond de moi me disait : Mouaih, facile de se faire ouvrir les portes des maisons d’édition quand on est connu, pi d’abord c’est pas un écrivain…

 
Et bien ma petit voix était vraiment mal intentionnée car le roman de  « Mademoiselle Testud » m’a drôlement plu et le mot « drôlement » n’est pas placé là à la légère car j’ai beaucoup ri.

 
(Oui, oui, j’ai bien écrit « ri », pas « souri », un vrai rire littéraire et ce n’est pas si souvent que ça : mon dernier rire littéraire remontait à la lecture de la nouvelle « Junior » d’Anna Gavalda tiré de son recueil « Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part » (vous savez le coup du sanglier…) et mon plus mémorable rire littéraire remonte à près de dix ans, sur une plage des Landes, un « Wilt 1 »  Tom Sharpe tout écorné ouvert devant moi).

 
(Soit dit en passant, la plage n’est pas le meilleur endroit pour vivre un rire littéraire quand on ne veut pas se faire remarquer, mais j’avais fait des émules de Tom Sharpe cet été-là…)

 
Car quand Sylvie Testud ne tourne pas, quand elle ne joue pas un rôle sur un plateau, c’est une vraie « flippeé » de la vie, qui « a peur de tout sauf du ridicule » dixit son copain : des parkings souterrains la nuit (là je la rejoins), de la rue, des toitophiles qui pénètrent dans votre appartement par le velux, des oiseaux…Et du coup se retrouve dans des situations inimaginables (d’où le mot ridicule utilisé par son copain) et là je ne dirais pas un mot de plus car tout le piment de son roman est là …

 
Bon, bien sûr, on se dit que parfois elle en fait un peu trop et certains passages de son roman comportent quelques lourdeurs et longueurs. Mais, la dernière page fermée, difficile de ne pas craquer pour ce petit bout de femme qui se dévoile à cœur ouvert, et qui dit tout haut les angoisses que nous ressentons tout bas, parce que ces choses-là, dans notre super société où il est de bon ton de foncer sans exprimer ses angoisses et ses peurs, sont bien trop souvent tues et refoulées : la peur de ne pas être à la hauteur dans son rôle de mère, la peur de la foule, de la nuit, de la solitude la nuit quand la maison craque, de retrouver sa maison en feu,  de prendre une décision, du regard des autres…

 

Ca fait du bien de savoir qu’il y a plus flippée que soi…

 
Eclat de lecture :

 
" Mon chien a accepté d’oublier la trompe de l’aspirateur pour se visser à la porte d’entrée. Il est venu voir qui est l’ami qu’il faut lécher de pied en cap. Tiago est un animal gentil. Le mot « gentil » semble parfois faible lorsqu’il s’agit de mon chien. Ce chien est un chien aimant. Il aime l’espèce humaine comme aucun homme ne l’a jamais aimée. Il n’a qu’une idée en tête : lécher les humains. Dès que l’un d’eux se présente, il sort son immense langue rose et humide, prêt à badigeonner l’être aimé de sa salive. Mon chien est capable de prendre peur devant un sac en plastique qui s’envole. Il est terrorisé par mon aspirateur. Il frôle la crise cardiaque quand une porte claque à cause du vent. Il y a pourtant une chose qui le ravit : c’est quelqu’un qui veut entrer chez moi !  "



Cueilli également chez Hélène
Par Sandra B - Publié dans : Prix des Lecteurs du Livre de Poche 2007
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