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17 janvier 2008 4 17 /01 /janvier /2008 21:44
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A la manière de  " L'amoureux  " tiré du magnifique album d'Arthur  H "Adieu  tristesse" qui, après celui du père ( ici et aussi ! )l'an passé, traînait sous mon sapin cette année, un petit exercice de style très personnel...


J’aime la rosée

Les matins givrés

J’aime la lune rousse

Le thé vert pamplemousse

 

J’aime, J’aime…

 

J’aime les sous-bois

La pluie sous les toits

J’aime les mystères

Les coteaux du Jasnières

 

J’aime, J’aime…

 

J’aime le prénom Jeanne

Le mot filigrane

J’aime être dans la lune

Les édredons en plume

 

J’aime, J’aime…

 

J’aime la rando

L’odeur des poireaux

Les matins alanguis

J’aime les librairies

 

J’aime, J’aime…

 

J’aime la solitude

Les villes qui s’allument

Les hommes mal rasés

Les gamins dépeignés

 

J’aime, J’aime…

 

J’aime le voyage

J’aime les orages

J’aime les théières

Bah oui…j’aime France Inter

 

J’aime, J’aime…

 

 

J’aime les artichauts

J’aime les jeux de mots

« J’aime les autoroutes

Mais qu’est que tu veux que ça me foute… »


Allez...Qui  s'y colle ?  Je connais  bien  2 3 amoureux /ses  du bel Arthur qui viennent  butiner par ici de temps  en temps...

 

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15 janvier 2008 2 15 /01 /janvier /2008 21:14
couvmar2.jpg






























Mémère, tu t'en souviens, de notre belle époque,
C'était la première fois qu'on aimait pour de bon.
A présent, faut bien l'dire, on a l'air de vieux schnocks,
Mais c'qui fait passer tout, c'est qu'on a la façon.
Tu t'rappell's ta guêpière, à présent quand j'y pense
J'en rigol' tout douc'ment mais c'est plus fort que moi,
Comment qu'tu f'rais maint'nant pour y loger ta panse ?
On a pris d'la bouteille tous les deux à la fois.

Mémère, tu t'en souviens comm' t'as fait des histoires
Pour me laisser cueillir la marguerite aux champs,
Et pourtant c'était pas vraiment la mer à boire,
Ça t'a fait des ennuis mais c'était pas méchant...
Tu t'rappell's comm' j'étais, je n'savais pas quoi dire ;
Y a des coups, pour un peu, j't'aurais bien dit des vers.
T'as bien changé, mémère. Quand je vois ta tir'lire,
Comment qu'ça m'donne envie d'fair' la route à l'envers !

Mémère, tu t'en souviens des p'tits diabolos menthe,
Des bouteill's de mousseux du quatorze juillet !
Un éclair au café, j'veux bien mais faut qu'tu chantes !
Chérie, t'as renversé ton verre, faut l'essuyer.
Mon Dieu, c'est pourtant vrai que je t'app'lais chérie
Il n'faut pas m'en vouloir, mais je n'm'en souv'nais plus.
On parle des souv'nirs, mais c'est fou c'qu'on oublie.
J'te d'mande pardon, chérie, et qu'on n'en parle plus.

Mémère, si j'te dis ça, c'est pour te dir' que j't'aime,
Te l'dire comm' ça, tout cru, c'était trop dur pour moi,
Mais au fond, j'suis content, j'vois qu't'as compris quand même,
Et j'peux te l'dire, mémère, j'ai jamais aimé qu'toi.


Avec la  voix  rocailleuse de  Michel Simon...


Merci à Dominique pour la belle découverte...
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1 janvier 2008 2 01 /01 /janvier /2008 18:56
Meilleurs-voeux-2008-copie-1.jpg

En ce premier jour de l'année, mes meilleurs voeux ensoleillés...
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15 décembre 2007 6 15 /12 /décembre /2007 20:45
dsc02188-1.jpg

 

NE T’EN VAS PAS TROP LOIN AU LARGE

 

La peur installée dans vos tripes s’imprime, éraillée, sur ses cordes vocales. La mer s’affaisse entre vos cils, une silhouette y danse en symbiose, de plus en plus petite.  Vous êtes sur le sable, il fait chaud sous vos pieds nus, il fait chaud sur votre visage, et déjà là, au fond de vous, vous vous souvenez, déjà là ce jour-là, des courants sans cesse contrariés qui s’affrontent, s’entrechoquent les uns contre les autres dans votre corps : chaud contre froid, plume contre plomb. Et s’ils ne se limitaient qu’au corps, encore…Mais ils s’infusent dans vos pensées, paralysant le moindre de vos élans. Fétus d’idées, à peines poussées, déjà broyées.

 

Une main mouillée sur votre épaule…

 

Une main mouillée sur votre épaule, une paume et ses cinq doigts, crispés, qui s’y incrustent. Un cri perçant, presque hystérique dans votre oreille…Colère d’une mère, mélange d’effroi et d’incompréhension. Puis l’étau qui se desserre, le bras qui retombe mollement, qui capitule dans votre dos. Et tout bas, comme un murmure juste pour le sable, parce qu’elle sait bien qu’il est vain de vouloir franchir l’explosion des vagues, d’en atteindre leur frémissement, qu’une paire d’oreilles, dont on ne distingue presque plus rien, a depuis longtemps fait sienne ; juste pour elle, parce que vous. Vous, elle vous confond déjà avec le sable, petite clavicule négligeable : «  Qu’est ce que je vais faire de cette gamine.. »

 

La peur installée dans vos tripes, la peur qui s’empare de votre ventre, la peur par procuration qui vous plaque au sol. Et pourtant il fait doux, vous sentez la caresse du soleil sur votre visage. Profite-en, mais profite-en bon sang, des journées comme ça. La voix derrière vous est irritée, agressive, pour un peu elle vous en ferait presque oublier la peur. Non, pas oublier, vous vous en souviendriez. Cette peur, elle vous colle, elle vous encolle au sol, et cette voix, loin d’égailler en vous la petite pincée de légèreté que la chaleur y a laissé en entrant, cette voix, elle la suspend en plein vol. Qui retombe aussitôt. Et sa poussière s’amalgame, poisseuse déjà, sur le sédiment épais que ne parviennent même plus à brasser vos courants.

 

A force de regarder le large, vous ne voyez plus rien, juste ces pensées emmêlées qui vous fossilisent au sol. Plus tard, bien plus tard, alors que la voix derrière vous s’est tue depuis bien longtemps, lasse de vous insuffler son insouciance, son inconscience, son indifférence, vous distinguez enfin la silhouette, déjà proche,  qui se laisse dériver, comme à regret, vers le sable gris souillé d’algues. Elle se met en boule, la tête vers le large et déplie ses jambes comme la vague s’écrase puis tout aussitôt l’abandonne au massage du sable en va et vient. Elle se lève, efflanquée, lumineuse, légère devant le sable imbibé de votre ombre, énorme. Et vous la haïssez pour ça. Sans aucun égard pour votre corps raidi, elle court vers vous et vous enlace. Vous voudriez la repousser de rage vers la mer. Tout en elle vous répugne. Ces algues collées, ce sel poisseux et ce sable, surtout ce sable en voile indécent sur son corps qui agace votre peau, vos nerfs à fleur de peau. Mais c’est elle qui  s’écarte de vous, brusquement,  comme un aimant à l’identique mais répulsif.

 

Une main mouillée sur votre épaule,  calme, apaisée, presque langoureuse, vous vous souvenez de la peur de ce jour là, comme vous avez eu peur de la perdre, ce jour-là et d’autres encore. Vous vous souvenez comme vous la détestiez quand elle riait de votre effroi ou pire, comme cette fois-là, quand elle l’ignorait. Et vous vous étonnez de penser à ça aujourd’hui, quelle ironie, de découvrir que le paroxysme de la peur, celle qui vous a gâché toute votre vie, votre vie si courte et déjà si longue, n’est qu’apaisement, douleur, mais apaisement, sérénité.« Douceur des choses irrévocables ».

 

Une main mouillée sur votre épaule, calme, apaisée, presque langoureuse, et vous comprenez soudain, à la recherche des battements anormalement sourds de votre cœur, tandis que le cercueil s’affaisse entre vos cils, sous le poids des fleurs, pourquoi ce jour-là elle vous a repoussé : Le rythme de vos cœurs, désaccordé, l’un empreint du clapotis de l’eau, l’autre de l’emprise de la peur. L’un qui s’égoutte, l’autre qui n’en finit pas de tambouriner.

 

Une main mouillée que vous cherchez à tâtons sur votre épaule, une main mouillée comme un révélateur de l’eau qui dormait en vous, dans les fibres du buvard épais de votre peur. Une main mouillée, que vous retenez encore un peu.

ici, une précédente version, peu de changement...


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11 décembre 2007 2 11 /12 /décembre /2007 22:00
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« Mickey-la-Torche » est une plongée drôle et cruelle dans le vif d'une sorte de Cro-Magnon d'aujourd'hui, hissé à travers des générations de déclassés. Sa vocation est d’être le gardien de ce qui est menacé de disparition. Frustré par un emploi à temps partiel de vigile dans un entrepôt, il dirige les débordements de sa passion sur la récupération des détritus de sa voisine dont il est amoureux. Cette relation invivable et sans issue le mènera au meurtre.

 

Eclats de lecture :

 

Je suis le type même de la situation, le bon profil du vigile au bon profit du patron.

 

La vigilance, je suis né au monde pour ça, une seconde nature, qui aurait dépassé la première.

Tout petit je commence un début de carrière, embauché par ma mère à 8 ans pour garder mémé tout un après –midi. Je trouvais l’affaire facile, un peu bidon, involable ma petite mémé, trop vieille, trop cassée. Et je tente le pire des diables, je l’emmène au gazon, je la pose sur un banc et je m’éloigne pas loin, à deux pas de géant, trois pas de fourmi. Face au banc j’attends tout croupi dans le buisson pour voir le genre des enleveurs. Jusqu’à la nuit j’attends et je me répète : Trop vieille, trop cassée, personne en prendra de ma petite mémé. Petite affaire et grosse bavure. Tout ankylosé, début de la nuit je m’extirpe du buisson, je lui prends la main dans la mienne chaude. Là, j’ai compris qu’elle était plus complètement là, qu’il en manquait une bonne partie, qu’on lui avait piqué son moteur. On m’avait laissé que la coquille, avec une pointe de bleu sur les lèvres. Je la caresse, je déblaie les flocons, la neige de son front, le gel grimpé sur ses lunettes et je guette la flamme éteinte derrière son œil. La flamme elle reste noire. Glacée.

C’est le froid qui m’a enlevé mémé à ses chers enfants et petits-enfants et au club de tricot reconnaissant. Moi, je veux garder la coquille à la maison, la poser dans ma chambre, tenter que l’été arrive et que le chaud rapporte ce que le froid a emmené. Moi je veux que l’âme à mémé bourgeonne au printemps. Et même si l’hiver veut rien rendre, je farcirai la carcasse avec mon âme à moi.

 (…)

Mémé dans la tombe, papa qui suit, fallait être fort, les peines confondues faisaient boule de gorges, quand j’en parle.

Quand j’en parle, ça me tait, ça me reste là, cette boule et ça trie ce que je vais dire, ça me bloque les mots qui parlent trop près du vrai des choses, ça me les bloque un bon moment, le temps qu’il faut pour faire bonne mine de rien, mais ça me reste là, ça attend dans l’arrière-gorge, que la boule elle se tasse le passage ou qu’elle gicle et débarrage les larmes en stock dans la trachée. Un jour, faut bien cracher son bouchon sur les tombes, répandre sa poche des eaux et noyer ses morts une bonne fois pour toutes.

 

Je m’arrête là, envie de tout citer comme ça….Gros, très gros coup de cœur pour cette pièce de théâtre que j’ai eu la chance de voir jouer (avec beaucoup de talent, car il en faut pour jouer ce long monologue poétique, dramatique, émouvant, décapant,  drôle…) il y a quelques semaines près de chez moi.

 

Je vais de ce pas découvrir les deux pièces suivantes du recueil et…    j’en ferai bien un petit livre voyageur, moi, de ce petit bijou…    Avis aux amateurs !


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8 décembre 2007 6 08 /12 /décembre /2007 22:36
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En cette journée pluvieuse, mon Loupiot, pourtant bien patraque, m'a entraîné à une exposition qu'il a eu le bonheur de découvrir cette semaine avec sa maîtresse...

C'est un vrai plaisir pour les yeux ...

Le site de l'artiste





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7 décembre 2007 5 07 /12 /décembre /2007 23:12

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Depuis que j'ai lu le très beau billet de Gaëlle hier soir, j'ai cette petite musique dans la tête...

Chanson "périlleuse" (j'aime beaucoup ce mot que tu as posé Gaëlle) qui me fait du bien, qui me fait du mal...

Si on fait abstraction de l'émotion qu'il suscite en moi, sûrement l'un des plus beaux morceaux de guitare au monde...





http://www.youtube.com/watch?v=xMQjYdtynl8










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4 décembre 2007 2 04 /12 /décembre /2007 22:26
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                VOUS VOUS ASSEYEZ sur la première marche, la poussière se soulève, vous la rabattez de la paume, des deux paumes bien à plat sur la pierre, brûlante, rugueuse. Les cloches, trop près, traversent votre ventre. Mamée, Mamée. Elles scandent son prénom. Ma Mée, Ma Mée. Le font résonner dans votre corps. Voyelle ouverte et ronde, vous expirez l’air à grosse goulée et tout ce qu’il contient d’amour comprimé, contrarié depuis des mois, et tout ce qu’il contient de refus, de déni. Voyelle fermée et longue. Vous manquez d’air. Ne se régénère plus, ne se régénérera plus.

 

            Le parvis s’est vidé peu à peu, les grappes noires bues par la bouche grande ouverte de la masse grise. Un ciel bas, variqueux pèse sur le clocher. Bientôt, vous restez seul. Ils ont refermé la lourde porte en chêne. Un dernier vibrato, Ma Mée, s’est coincé dans votre gorge. Vous déglutissez. Vous déglutissez sur les premières notes de l’orge, étouffées, derrière, dedans. Dedans, vous ne pouvez pas. Dedans, il n’y a pas assez de bancs noircis pour masquer son coffret en chêne. Vous la savez ailleurs que dans cette boîte-là, vous la voulez ailleurs que dans cette boîte-là. Vous la voulez là, en vous. Sur vous, sous vous, sous vos paumes bien à plat sur la pierre brûlante, sous vos paumes qui s’arrondissent, caresse l’air moite, puis s’assèche dans vos poings.

           

            Eliane est entrée tout à l’heure, un peu à l’écart, à la suite de la famille de Mamée. Vous avez reconnu sa mère, aussi éplorée que la première fois dans votre cabinet. Le même dédain aussi, pour la cadette, la petite…comment s’appelait–elle déjà…Pauline, oui Pauline. Pas un seul geste, pas un seul regard dans sa direction. Qui la suit comme son ombre, énorme et grise, jusque dans son regard. Vitreux. Plus aucune lumière dans ses yeux, cette lumière qui tour à tour caressait ou fusillait les courbes de Mamée, ce jour-là, dans votre cabinet. Eliane a pénétré l’ombre de l’église puis s’est retourné vers vous, étonnée sans doute que vous ne la suiviez pas. Un mouchoir dépassait de votre poche, vous vous êtes épongé le front, l’avez congédiez d’un geste sec du poignet.

 

            Sur la première marche, une grosse goutte s’écrase, s’étoile sur la poussière. Le mouillé sur le sec. La même odeur, le même parfum que ce premier jour avec elle, là-haut, dans le labyrinthe des ruelles arrondies, dans la douceur des premiers jours d’un printemps pluvieux. Enfin, la voilà.  Dans vos paumes que vous creusez pour ne pas la laisser filer, pour la porter à vos lèvres. Elle vous y a déjà devancé. Un peu salé. Son eau et votre sueur se mélangent, comme les sources qui suintaient de vos corps mélangés la première fois. Vous aviez si soif à chaque fois, si soif de son eau sous vos doigts. Vos doigts de sourciers, disait-elle. Elle en regorgeait, il suffisait d’en connaître la carte souterraine, à fleur de peau. De la cartographier, vous lui murmuriez ça tout près, dans un souffle, ça la faisait rire à chaque fois. Elle vous disait, arrête tes mots savants, tu fais fuir nos marées, tu vas me glacer.

 

            Son glacier à jamais dans son coffret en chêne, derrière, dedans. Son corps glacé, figé, dont les courbes s’érodent déjà loin de vos mains, de vos yeux, de votre bouche. Depuis deux jours. Vous avez refusé de la voir une dernière fois. Vous avez voulu conserver d’elle l’image imprimée sur vos sens, en filigrane sur vos yeux, vos doigts, pour combien de temps ;  le goût de sa peau, de sa bouche, de son sexe ; Sa voix, son rire déjà que vous n’entendez plus ; Son odeur, son parfum, le sien, le vôtre, les autres, impalpables, innommables que vous avez senti ensemble, emmagasinés dans un coin de votre mémoire sensorielle et qui un jour, un bref instant, une fraction de seconde, et déjà vous ne saurez plus, juste le plaisir et très vite la douleur. Vous avez refuser de la voir une dernière fois, mais l’imagination déborde sur vos souvenirs et vos nuits se cognent à ses lèvres bleuies, à la cascade de ses reins, pétrifiée. Puis le glacier soudain qui se fait moraine et vos mains chaque matin qui ramènent par poignées le grain fin de sa peau.

 

            Deux jours à l’attendre ou redouter son absence, définitive. Deux jours, votre corps tendu vers elle, vers ce ciel trop bleu, comme l’océan d’où. Puis au réveil ce matin, les mains pleines de son sable, vous avez vu que la nuit avait laissé place à un ciel parcheminé de blanc et de gris, comme l’écume d’où. Vous aviez su qu’elle ne tarderait pas, qu’elle avait choisi ce jour-là où elle serait portée en terre. Vous aviez su qu’elle de tarderait pas. Ou qu’il vous faudrait vivre à jamais sans elle.

 

            Et là soudain sur vos lèvres, sur votre peau sèche d’elle, à nouveau vivante, à nouveau vibrante sous votre langue agile, vous la reconnaissez. Les yeux fermés, le visage tendu vers ses caresses, sa sueur, sa salive, ses postillons. Brumisé, puis très vite fouetté, le corps chaud, moite, sous votre costume à essorer. A vous gorger d’elle, trempé jusqu’au os. Vous vous levez, titubant à en perdre l’équilibre. Et vous rattraper à la poignée de la lourde porte en chêne…

 

            Mamée…

 

            Que vous poussez doucement, l’emmenant avec vous, en vous, vers l’obscurité et le recueillement des bancs clairsemés. Vers le regard surpris, courroucé d’Eliane. Vos vêtements détrempés, votre parfum de terre mouillée comme autant de preuve de votre amour adultère. Vers les épaules massives de Pauline, voûtées, secouées de sanglots, où vous posez les mains, les deux paumes bien à plat. Comme un relais.

 

            Elle était l’eau. Elle était l’eau, vous le galet. Sur la grève, loin du ressac. Elle vous a ramassé un jour de pluie. Pourquoi ce jour-là, pourquoi vous surtout, si terne, si gris, aussi terne, aussi gris que les autres galets ?  Ses yeux se sont posés sur vous, elle vous a effleuré du bout des doigts, puis lové dans le creux de sa main.

 

            Tu es en moi, Mamée, dissous-moi, émiette-moi. Un jour, je serai sable que tu viendras lécher, aspirer, enrouler dans ta vague. Ne t’en va pas trop loin, Mamée, ne t’en va pas trop loin au large.

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1 décembre 2007 6 01 /12 /décembre /2007 23:45
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Pour  moi ce fut l'écriture, cette chose si mystérieuse qui vient ou ne vient pas ...au moment précis où...ou bien pas du tout. Mais ne vient jamais "tout seul", qu'on se le dise car beaucoup le croient encore...
Soudain une fenêtre s'ouvre au ciel de la chambre opaque. Si le désir d'écrire pousse en même temps que les ailes, merveille, il trouvera la sortie ! Les début sont exaltants, c'est une première fois, un miroir qui vous veut du bien... mais le désir d'écrire est un petit état de grâce à choyer comme l'enfant à naître, fragile et dévorant. Les premiers mots sont des balbutiements qui se bousculent pour émerger du flot sombre.


Merci à Clarabel de m'avoir soufflé cette très belle lecture où l'on croise Barbara et " Le petit homme de dos " de Richard Morgiève, ce superbe roman qu'en son temps j'avais tant mis en avant en ma petite librairie de montagne...Envie de le relire, tiens !
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20 novembre 2007 2 20 /11 /novembre /2007 22:04
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Ce  week-end, c'était l'inauguration du tramway au Mans...


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L'occasion pour moi d'une petite ballade dans la ville qui m'a vu grandir, le prétexte à une petite tournée des ...oui bon d'accord ...librairies ...Thuard, Doucet, jadis Plurielle (ah James Tanneau, incontournable Personnage de la librairie Plurielle, où j'ai fait un stage inoubliable il y a près de quinze ans ; elle manque au paysage manceau, surtout qu'aujourd'hui elle serait très bien désservie avec ce joli petit tram orange, couleur de la muraille...) 

Pas de grosse folie pour mon petit  porte-monnaie. A la recherche d'auteurs dits de la période du nouveau roman après deux belles et récentes découvertes ici et  ,  j'ai  fait chou  blanc, ou presque ...A la lettre S comme Simon,  un poche Minuit " L'acacia"  et " Le tramway" !!!!


Avouez, je ne pouvais pas passer à côté d'une telle coincidence  !

En cours de lecture donc ....Très belle lecture, si j'en juge les quelques premières pages que je suis en train de déguster...

Eclats de lecture :

Les graduations en bronze jaune et en relief dessinaient sur le cadran un arc de cercle vers lequel pointait un ergot solidaire de la manette que, pour démarrer ou prendre de la vitesse, le conducteur poussait à petits coups de sa paume ouverte, la ramenant à sa position initiale et coupant ainsi le courant lorsqu'on approchait d'un arrêt, s'affairant alors à tourner rapidement le volant de fonte situé sur la droite (semblable, en plus petit, à ces volants qui, dans les cuisines, autrefois, actionnaient la pompe du puits) et, dans un bruit de crémaillère, serrait les freins. La poignée de la manette ne conservait de son vernis initial qu'une légère trace brune, son bois depuis longtemps à nu, grisâtre, sinon même crasseux, et le conducteur se tenait debout devant l'espèce de colonne à section ovale au haut de laquelle se trouvait ce sommaire tableau de bord.

(premières lignes)

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