
Tambouriner, marteler, s’écraser.
S’agripper au meneau,
Puis glisser lourdement le long du verre coulé.
Entrevoir au travers
Tous ceux que j’ai aimés,
Flous, imprécis, colorés.
Se laisser tomber sur un matelas de poussière
Et y creuser mon lit…
Rebondir sur le parapet d’un pont.
Hésiter à plonger.
En oublier la soif d’un lichen vorace.
Se poser en douceur et vernir ton ongle.
Mouiller le lit aride de tes rides,
Ton visage, comme une feuille
Vidée de chlorophylle.
Atteindre le delta de ta bouche
Et exploser sous ton palais.
Sourdre au creux de tes yeux.
Dévaler le flanc de ton nez.
Embuer tes lunettes.
Stationner sur tes lèvres.
Etre happée par ta langue.
S’arrondir et se perdre dans le creux de ta main,
Puis être déposée au sommet d’une épaule.
Chatouiller un cou nu,
Une nuque tendue.
La sentir frissonner.
Et puis l’instant d’après,
En boire sa tension.
S’accrocher au lacet d’un soulier,
A la paille des dossiers,
Aux prières ânonnées.
S’accrocher à la moiteur de l’air,
A la lumière qui poudroie,
Et se pulvériser sur des pétales de roses.
Se charger de leurs parfums entêtants,
Et de ceux des rubans
Aux lettres d’or et d’argent.
Regrets éternels,
A ma sœur, mon amie,
Mon amie, mon amour, mon amour, mon amour
S’accrocher,
Aux volutes de l’encens,
A l’œil irrité,
A la narine rougie.
S’accrocher,
Aux souvenirs des mots
Avant de les noyer.
Aux souvenirs des traits
Pour mieux les refléter.
Dans ma mémoire qui se liquéfie.
S’accrocher.
Se suspendre au temps
Qui s’écoule encore hors de moi.
Le tordre,
En boire la dernière goutte
Jusqu’à la lie.
Reboire ma vie
A l’accéléré.
S’’accrocher,
Encore un peu…