
Des mots montés de mon murmure intérieur se dessine un visage de femme, de femme liquide, de femme aqueuse. Ma Mamée est née sous un vilain crachin et a déjà mouillé ses bottes ici, là ou bien encore là-bas, tout au long de petites ruelles incurvées.
Ma Mamée flotte au fond de moi, elle veut jaillir de mes mots, s’épanouir sous mes doigts. Sa source se perd dans les nappes phréatiques de mon murmure intérieur. J’ai déjà déplacé quelques pierres mais elles sont encore nombreuses et parfois lourdes. Mais, pierre par pierre, semaine après semaine, je la libèrerai de sa gangue de mots où elle croupit.
N’hésitez pas, l’effort est grand et je suis seule, aidez-moi à soulever ces petits cailloux que je ne verrai pas toujours, aidez-moi à creuser son lit, à le déplacer parfois.
Je vous propose de soulever la première pierre jeudi car demain soir j’ai rendez-vous avec une autre femme liquide, ce que je ne voudrais manquer pour rien au monde !