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L'origine de l'homme - Christine Montalbetti



























En refermant la dernière page de L’origine de l’homme de Christine Montalbetti, j’ai bien failli, je vous l’avoue, le ranger allègrement dans ma bibliothèque sans vous en parler. Or, (quelle imprudente !), je vous avais dit ici que je l’avais ramené de mon dernier périple angevin, impatiente de savourer une nouvelle fois l’écriture de celle que j’avais tant loué ..

Ne pas en parler revenait donc à vous laisser croire que cette seconde lecture m’avait laissée indifférente, ou pire, qu’elle m’avait fortement déçue. Que nenni ! Loin de là …Mais j’avoue, oui,  que devant la tâche ardue qui m’attendait, j’ai bien failli baisser les bras. Car comment résumer un tel roman, et comment surtout vous faire partager mon enthousiasme ? Car il s’agit bien d’enthousiasme en effet, une nouvelle fois.

 

Commençons donc par le commencement (je vous préviens, je ne sais pas où je vais) et par la facilité (quoique...), j’ai nommé :


La quatrième de couverture.
(Bon, je vous l’accorde, toujours à prendre avec des pincettes ces petites bêtes là…).

 

Ce roman retrace librement deux saisons de la vie de Jacques Boucher de Crèvecœur de Perthes, l’un des fondateurs de la paléontologie.

 

Bon, ça commence mal, me dîtes-vous, à juste titre  : il a un nom à rallonge, je connais pas ce gars là et la paléontologie, moi, c’est pas mon truc. (Sais pas pour vous finalement, je n'oserais pas parler en votre nom, mais bon pour moi c’est comme ça,  on ne peut pas s’intéresser à tout dans la vie…). Autant vous dire, donc,  que sans le nom de Christine Montalbetti dessus, je n’aurais jamais, au grand jamais perdu mon temps (précieux) à lire ce roman.


Je n’ai pas vérifié avant lecture la biographie de cet illustre inconnu (vous pouvez voir au passage à quel point je fais aveuglément confiance à l’auteur qui me ferait gober n’importe quoi tant je suis en admiration devant son écriture), mais pour vous,  fallait quand même que je fasse celle qui s’y connaissait un peu.

Jacques Boucher de Crèvecœur de Perthes, pour vous servir. Ah bon très bien, cela ne vous dit rien du tout (à moins que ?), vous prenez l’air de qui voit vaguement…

 

J’ai donc taper (copier coller) Jacques Boucher de Crèvecœur de Perthes sur Gooooooooooogle et pour résumer (si vous souhaitez plus d’info, ma foi, je vous ai donné le mode d’emploi) :

 

Jacques Boucher de Perthes, de son vrai nom Jacques Boucher de Crèvecœur de Perthes, né près de Rethel (Ardennes), le 10 décembre 1788, mort à Abbeville, Somme [en passant, un petit bonjour à Bellesahi ] le 5 août 1868, préhistorien français, qui fut l'un des fondateurs de sa discipline.

 

Voili, voilou. Ceci étant fait, je tiens tout de suite à vous préciser que ce patronyme à rallonge n’était pas ce qu’il y avait de plus important à piocher dans la quatrième de couverture. Non, le Mot, the most important Word is : librement.

 

Car autant vous dire que Christine Montalbetti s’en donne à cœur joie pour nous dépeindre les quelques morceaux choisis (ou inventés, allez savoir ?) de la vie de ce grand Jacques :

 

Apartés au lecteur…

 

Au fait,  dit Jacques à Constantin, qui était venu s’asseoir près de lui avec son café-calva du matin, demain j’ai rendez-vous avec un savant d’Angleterre. Constantin n’y accorde pas plus d’importante que ça. Il s’agissait surtout de trouver un moyen d’informer le lecteur, qu’il ne soit pas surpris quand il tournera la page.

 

Les journées deux et trois, Ouh ouh, je vous fais un signe de la main en essuie-glace, je surgis sur cette terrasse pour un aparté, seront consacrées aux souvenirs des temps intermédiaires.

 

A elle-même…

 

Voilà, c’est fait, vous voilà libéré, M’sieur Jacques, et enfin, dernière phase, il fallu bien couler le plâtre, tandis que pour le buste on prit plutôt les proportions au compas, obtenant à la fin une statue mixte, réalisée par Frédéric Sauvage et par Edmond Lévêque, que l’on tient à remercier ici, car ce n’est pas tous les jours que l’on peut aller voir son héros en sculpture.

 

 

Anachronismes en tout genre…

 

Je ne suis quand même pas dans un roman vingtième, se dit Jacques, pas fiérot, avec héros ramollo, pensif, ballotté par les évènements, et n’en foutant pas une rame, non, dans un récit dix-neuvième il faudrait voir à se fouler un peu plus question action…

 

Quant aux Australopithécus africanus, Paranthropus aethiopicus et autres hommes des origines en us (faudrait quand même voir à ne pas oublier le titre, ni la biographie de ce grand Jacques), ils ne se gênent pour apparaître à tout moment dans le récit, hélant le lecteur, le héros, allant même jusqu’à jouer des coudes pour lui voler la vedette :

 

Souhaitez-vous un peu de poisson-chat, vous demande un Paranthropus aethiopicus, en mastiquant bruyamment depuis son campement éphémère, un peu égocentrique et jouant des coudes pour être évoqué une seconde fois…

 

 Digressions…

 

Christine Montalbetti se paye le toupet, entre autre,  de nous décrire minutieusement deux cartes postales choisies par son héros. Pire, elle nous entraîne pendant près de dix pages dans une description très détaillée des toiles, lithographies ou autres gravures qui égaillent les murs d’un cabinet de lecture où s’est réfugié notre Jacques. On se dit bon ça commence à bien faire, mais quand elle reprend la parole, c’est pour mieux se disculper :

 

Il (Jacques) regrette son incapacité à mener à bien cette histoire sentimentale avec Margot, ces fuites, sa manière d’être allé se promener seul (…) il faut dire aussi que cette fuite dans laquelle notre personnage se tient, le narrateur la relaie, s’attardant à des descriptions, celles des cartes postales (…) puis des tableaux, c’était le pompon, parfaitement étrangères à l’histoire de Jacques, à ce seul prétexte qu’ils étaient tombés sous son regard, plutôt que de se confronter à l’écriture des séquences sentimentales, on n’est pas aidé, pense Jacques…

(Ca sent les prémices de « Nouvelles sur le sentiment amoureux » là).

 

 Mots pris au pied de la lettre

 

 On dirait qu’ils reçoivent sur leurs épaules tout le poids de la forêt alentour…Et paf, elle part dans un délire, très sérieusement, sur un tronc d’arbre qui s’effondre sur leurs pauvres petits corps secoués comme des insectes avant de retomber, agile, sur ses pattes Mais puisque je vous dis qu’il s’agit d’un poids abstrait, on souffle, on se calme, personne ne vous demande d’effectuer une action héroïque…

 

In English dans le texte…

 

Meanwhile, notre Jacques en sa maison se prépare à cette rencontre…

 

 

Le tout dans une poésie à vous couper le souffle (là, elle serait bien capable de vous broder quelque chose sur mes poumons taris) émaillée de-ci, de-là de métaphores filées et autres petites perles nacrées…

 

Ciel on aimerait dire bleu mais plutôt tourmenté, plutôt un ciel boueux si cela avait un sens pour le ciel, comme si on venait d’en remuer le fond et que cela fait là vase et dépôt qui disparaîtraient bientôt…

 

 

Voili, voilou, j’en rajoute ou vous avez compris que mes poumons sont taris devant un tel talent ?



 

 

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G
Décidément IL FAUT que je me procure du Christine Montalbetti ! Tu m'as convaincue. les extraits sont superbes et ton enthousiasme contagieux :-)) Ah, ma PAL, ma pauvre PAL...
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S
Allez fais le passer au dessus de la pile ...;-) heureuse de t'avoir convaincue ...
B
Je suis allées dans les deux lycées d'Abbeville, dont le lycée Boucher de Perthes. Merci pour ce clin d'oeil.
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S
Ce n'était donc pas un illustre inconnu pour tout le monde ! Je m'en doutais un peu ! Je n'ai pas appris beaucoup sur lui mais je me suis beaucoup amusée
P
Je note ce livre ... je retrouve le goût de lire. Merci et bises Pénélope
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S
Ah oui à lire absolument Pénélope...C'est une écriture qui surfe sur la sémantique avec humour et talent...
L
:)) Ah oui Sandra !! et tu m'as bien fait rire aussi !J'ai l'impression qu'il faut vraiment que je trouve un moment pour aller faire un petit tour du côté de chez elle, tu m'as convaincue !!
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S
heureuse de t'avoir convaincue Lily ...Celui la est en poche en plus...Autant en profiter...Impatiente de lire un petit billet chez toi